Comment toucher sa retraite en vivant à l’étranger ?

Vous envisagez de vivre votre retraite à l’étranger, mais vous vous demandez comment continuer à percevoir votre pension française ? Plus de 1,8 million de retraités français vivent aujourd’hui à l’étranger pour profiter d’une meilleure qualité de vie, de conditions climatiques agréables ou d’avantages fiscaux. Voici les démarches concrètes et les conseils d’experts pour sécuriser vos revenus à l’étranger.

Les points clés à retenir :

  • Continuité du versement des pensions : les retraités français peuvent percevoir leur retraite à l’étranger, sauf pour certaines allocations conditionnées à la résidence en France (ASPA, ASI)
  • Obligations administratives : le changement d’adresse doit être déclaré aux caisses de retraite, et un certificat de vie doit être transmis chaque année pour éviter la suspension des paiements
  • Couverture santé à l’international : l’accès aux soins varie selon le pays de résidence (UE, pays conventionné ou hors convention), avec des solutions comme la CFE ou une assurance privée
  • Fiscalité des retraités expatriés : le statut de résident ou non-résident détermine l’imposition des pensions et l’application de prélèvements sociaux, avec un risque de double imposition selon les conventions fiscales
  • Stratégies d’optimisation patrimoniale : conserver un compte bancaire en France, anticiper la fiscalité et utiliser des placements comme l’assurance-vie pour sécuriser et optimiser ses revenus à l’étranger

Est-il possible de percevoir sa retraite tout en résidant à l’étranger ?

Oui, c’est tout à fait possible. Les pensions de retraite françaises (pension de base, complémentaires, etc.) sont versées sans condition de résidence, à condition de remplir les critères habituels d’obtention (âge, nombre de trimestres validés, etc.). Autrement dit, même si vous décidez de vivre hors du territoire français plus de 6 mois par an, vous continuerez à recevoir votre pension de retraite, à l’exception de certaines allocations particulières (voir ci-dessous).

Exception : ASPA et ASI

Deux prestations spécifiques exigent de résider en France de manière stable et permanente :

L’Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées (ASPA)

L’Allocation Supplémentaire d’Invalidité (ASI)

En effet, ces prestations concernent les retraités ou invalides aux ressources modestes, dont le foyer se trouve en France (métropole ou DOM). Alors qu’il fallait jusqu’ici y résider au moins 6 mois par an, la nouvelle législation prévoit désormais 9 mois de résidence en France pour continuer à percevoir l’ASPA.

Si vous vous installez définitivement à l’étranger, l’ASPA et l’ASI cessent d’être versées. Vous pourrez toutefois en demander à nouveau le bénéfice lors d’un retour définitif, sous réserve de remplir à nouveau les critères de ressources et de résidence.

À noter : cette stricte condition de présence en France ne s’applique pas aux pensions dites “classiques” (retraite de base et complémentaires), dont le versement n’est pas subordonné à un minimum de séjour sur le territoire.

Quelles sont les démarches pour percevoir sa retraite à l’étranger ?

Pour percevoir votre retraite française depuis l’étranger, certaines étapes doivent être impérativement réalisées.

Signaler son changement d’adresse

Dès lors que vous déménagez hors de France, il est impératif de prévenir la caisse de retraite dont vous dépendez (Carsat en région, CNAV en Île-de-France). Plusieurs options possibles :

  • Par courrier postal, en indiquant clairement votre nouvelle adresse et vos coordonnées bancaires
  • Par téléphone : 3960 depuis la France, ou +33 9 71 10 39 60 depuis l’étranger

Conseil pratique : Idéalement, commencez ces démarches plusieurs semaines avant votre départ pour éviter toute interruption de versement

Fournir un certificat de vie chaque année

Pour continuer à percevoir votre retraite française à l’étranger, il est nécessaire de fournir annuellement un certificat de vie à la caisse de retraite dont vous dépendez :

  • À faire remplir et valider par l’autorité locale compétente (mairie, consulat, commissariat, notaire, etc..) du pays de résidence
  • À transmettre via votre espace en ligne (un scan ou une photo suffit), ou par courrier postal (dans un délai de deux mois maximum)

Ce document attestera de votre existence et devra être transmis par tout retraité sur une base annuelle. Sans ce certificat, le versement de votre retraite peut être suspendu. Ce dernier est obligatoire pour la plupart des caisses (base et complémentaires).

Vérifiez vos coordonnées bancaires

Si vous recevez votre pension sur un compte français, assurez-vous que vos relevés bancaires et vos coordonnées soient valides même depuis l’étranger (RIS, IBAN, etc.). Si vous souhaitez ouvrir un compte local, informez-en la caisse de retraite pour qu’elle puisse effectuer les virements sur ce nouveau compte.

Quid de l’assurance maladie lorsqu’on vit sa retraite à l’étranger ?

La question de l’assurance maladie est capitale lorsque l’on envisage de toucher sa retraite à l’étranger. Les droits et modalités varient en fonction de la destination, qu’il s’agisse d’un état de l’Union européenne, d’un pays possédant une convention bilatérale de sécurité sociale avec la France ou d’une autre région du monde.

Zone géographiquePrise en charge des soinsDocuments nécessairesAutres remarques
UE/EEE/SuisseOui, prise en charge comme un résident localFormulaire S1 (inscription auprès de la caisse locale)Permet de bénéficier des soins en France lors des séjours temporaires
Islande, Liechtenstein, NorvègeOui, sans formalités spécifiquesAucune demande de S1 requiseAccords spécifiques avec la France pour l’accès aux soins
Pays avec convention bilatéraleVariable selon les accordsDépend du pays (ex. formulaire spécifique comme SE 350-07 pour le Maroc)Se renseigner sur les conditions exactes avant l’expatriation
Reste du mondeAucune couverture automatiqueAssurance santé privée ou adhésion à la CFE (Caisse des Français de l’Étranger)Vérifier les garanties et coûts médicaux, prévoir une couverture rapatriement

Si vous vivez dans un pays de l’UE/EEE ou en Suisse

Lors d’une résidence dans l’Union européenne, dans l’Espace économique européen ou en Suisse, vous bénéficiez de la prise en charge de vos soins de santé grâce au formulaire S1. Voici des détails sur la manière dont fonctionne l’assurance maladie en Europe :

  • Formulaire S1 (anciennement E106, E109, E121) : il s‘agit d’un document essentiel renouvelable annuellement, indispensable pour bénéficier de la prise en charge de vos soins locaux “comme un assuré du pays”. Une fois obtenu auprès de votre caisse de retraite de base, il vous permet de vous inscrire auprès de la caisse d’assurance maladie du pays de résidence. Vous conservez ainsi des droits pour vous faire soigner en France lors de séjours temporaires
  • Pour des déplacements de courte durée en Europe, la Carte Européenne d’Assurance Maladie (CEAM) reste indiquée, mais ne substitue pas au S1 pour un séjour permanent. En effet, cette dernière à pour but de fournir un accès aux soins médicaux urgents sans avoir à avancer les frais, de faciliter la prise en charge pour éviter les démarches administratives et d’assurer une tarification identique à celle des assurés du pays concerné

À noter : dans le cas de l’Islande, du Liechtenstein et de la Norvège, il ne sera pas nécessaire de faire la demande du formulaire S1. Des arrangements spécifiques avec la France existent afin de permettre aux Français résidents dans ces pays de bénéficier des prestations de soins et de santé.

Dans un pays conventionné avec la France

La France a signé des conventions de sécurité sociale avec plus de 150 pays. Voici des détails sur la manière dont fonctionne l’assurance maladie à l’étranger dans un pays conventionné :

  • Prise en charge des soins : dans un pays conventionné, la prise en charge ou non des soins est régie selon les modalités spécifiques à l’accord signé entre la France et le pays en question. À noter que la prise en charge des frais médicaux peut varier fortement d’un pays à l’autre ; c’est pourquoi Il est recommandé de se renseigner en amont d’un déménagement.
  • Remboursement des frais : en cas de dépenses médicales sur place, vous pouvez demander un remboursement à votre caisse primaire d’assurance maladie en France (via le formulaire S3125 et les justificatifs de paiement). Qu’il soit total ou partiel, le remboursement sera effectué sur la base des tarifs en vigueur dans le pays de séjour, sans dépasser le montant des dépenses réalisées

Dans le reste du monde

En dehors de l’UE/EEE/Suisse et des pays conventionnés, la couverture maladie dépend de vous :

  • Soit vous souscrivez une assurance privée internationale (dite “au premier euro”)

Important ! Attention à bien vérifier les garanties (hospitalisation, rapatriement, etc.), les coûts de santé peuvent être très élevés dans certains pays.

Charges et fiscalité du retraité expatrié

Plus de 1,8 million de retraités français vivent hors du territoire (DREES) : la question de la fiscalité se pose donc fréquemment :

CSG/CRDS : les non-résidents fiscaux ne sont pas assujettis à ces contributions, sauf exceptions.

Cotisation d’assurance maladie : si vous restez affilié au régime français, une cotisation peut être prélevée à la source (3,2 % sur la retraite de base, 4,2 % sur la complémentaire, 7,1 % pour certains régimes indépendants)

Impôt sur le revenu :

  • Si vous passez plus de 183 jours par an en France ou si votre foyer/centre d’intérêts économiques est en France, vous restez “résident fiscal” et déclarez vos revenus en France
  • Sinon, vous êtes “non-résident” et votre imposition dépend des règles fixées par la convention fiscale (s’il y en a une) entre la France et votre pays d’accueil

Bon à savoir : en l’absence de convention, il peut y avoir un risque de double imposition (France + pays de résidence)

Astuces pour optimisser votre retraite à l’étranger

S’expatrier pour sa retraite ne s’improvise pas ! Voici quelques conseils clés pour préparer sereinement votre nouvelle vie à l’étranger :

  • Vérifiez la convention fiscale de votre pays avant de partir : chaque pays applique une fiscalité différente aux retraités étrangers. Certains ont signé une convention fiscale avec la France pour éviter la double imposition, tandis que d’autres taxent directement les pensions perçues de l’étranger. Vérifiez les accords en place pour anticiper vos obligations fiscales et éviter les mauvaises surprises.
  • Gardez un compte bancaire en France pour éviter les frais de change : même en vivant à l’étranger, conserver un compte bancaire en France permet de faciliter le versement de votre pension et d’éviter des frais de conversion élevés.
  • Sécurisez vos revenus et optimisez votre succession : l’assurance-vie est une excellente enveloppe fiscale pour les expatriés souhaitant compléter leur pension (rachats programmés, fiscalité avantageuse). En plus d’offrir un revenu complémentaire, elle permet de transmettre son patrimoine dans des conditions optimales, en évitant les droits de succession élevés dans certains pays.

Accompagnement gratuit

L’optimisation des revenus à l’étranger, en particulier en ce qui concerne la fiscalité, représente un élément déterminant pour les retraités. Profitez dès à présent d’un rendez-vous avec l’un de nos conseillers afin qu’il puisse vous guider dans vos questionnements.

Les questions les plus posées 

Est-il possible de racheter des trimestres tout en vivant à l’étranger ?

Oui, vous pouvez racheter des trimestres correspondant à vos périodes d’activité hors de France. Toutefois, il convient d’évaluer la pertinence financière de ce rachat selon votre profil.

Les pensions françaises sont-elles revalorisées pour les expatriés ?

Oui, les pensions suivent les mêmes règles de revalorisation que pour les résidents français, quel que soit le pays de résidence.

Peut-on cumuler une retraite française avec une activité professionnelle à l’étranger ?

Oui, mais les règles de cumul emploi-retraite varient selon les pays. Dans certains cas, cela peut impacter votre fiscalité locale.

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